« Fondation du Patrimoine » – Dossier

 
Maison-Mazel

1
La Maison Abraham Mazel à St Jean du Gard
un patrimoine vivant exceptionnel en Cévennes

——-
. une histoire singulière de résistances au cours des siècles,
. un patrimoine en réhabilitation, qui surplombe la belle vallée du gardon
de Mialet / Vallée française,
. un Centre culturel actif depuis 20 ans qui anime le projet associatif
« Maison vivante des résistances pour le monde d’aujourd’hui »

——————–

Située en zone périphérique du Parc National des Cévennes, zone MAB (Man and Biosphere) de l’UNESCO et Natura 2000, cette grande bâtisses rurale a été le théâtre et le témoin d’évènements de résistances.

Abraham Mazel y naquit en 1677. Jeune cardeur de laine, il fût l’un des principaux chefs camisards, cévenols protestants qui luttèrent pour la liberté de conscience (guerre des Cévennes 1702-1704). Fait prisonnier et incarcéré à la Tour de Constance d’Aigues- Mortes, il réussit à s’en échapper avec d’autres coreligionnaires. Il poursuivit la lutte, et fût tué en 1710 près d’Uzès.
Les autorités d’alors firent détruire la bâtisse natale. Elle fût reconstruite par de nouveaux habitants, et retrouva sa vocation initiale de ferme.

Durant la seconde guerre mondiale, le 11 novembre 1942, les troupes allemandes envahirent la zone sud de la France (zone dite libre).
2 mois auparavant, le pasteur Marc Boegner prêchant au Musée du Désert (Mialet), avait attiré l’attention des fidèles sur le sort funeste réservé aux Juifs. Il appelait alors à les soustraire à la barbarie, en mémoire des temps passés du « refuge cévenol ».
Dans le même temps, des Allemands et Espagnols ayant combattu en Espagne contre l’armée franquiste étaient réfugiés dans le Gard. Se sentant menacés, ils vont rejoindre en 1943 un maquis installé en Cévennes lozériennes: « le Maquis Montaigne » (fermes du Galabartes et de la Picharlerie, à Moissac-Vallée française) qui s’illustra dans des combats contre des troupes allemandes SS.
Pour atteindre ce maquis, ils auront été guidés par des habitants et pasteurs connaissant parfaitement les chemins d’accés. La maison Mazel leur servira de relais, tout comme elle sera en lien avec une ferme proche où sera cachée une jeune fille juive pendant plusieurs années.

2

En 1989, un « Appel aux pays du Refuge » est lancé depuis le pied de la bâtisse.
Les protagonistes qui luttent depuis des années contre un projet de barrage (la Borie) devant noyer la vallée du gardon, vont symboliquement s’adresser aux descendants des huguenots qui ont quitté la France après la Révocation de l’Edit de Nantes (1685).
Ils leur demandent de soutenir leur cause en invoquant la menace sur l’intégrité de la « Vallée historique des Camisards ».
De nombreux courriers leur sont ensuite adressés dans ce but, via notamment des contacts de pasteurs dans différents pays d’Europe, d’Amérique, d’Afrique du Sud. Cet appel connaîtra un large écho: des milliers de lettres de soutien seront envoyées à la Présidence de la République, ainsi qu’au Premier Ministre, Michel Rocard (protestant, il s’en émut et convia les maires des 3 communes concernées par l’ouvrage à venir l’en entretenir à Matignon).
Le projet de barrage fût définitivement abandonné en 1992.
A l’issue, certains acteurs de la lutte jugèrent que leur combat écologique CONTRE un projet destructeur ne pouvait pas s’interrompre ainsi. Il avait été porteur de grandes valeurs éthiques et de nombreuses et riches rencontres humaines.
Confrontés à la montée en France des idées nauséabondes d’un parti extrémiste, ils décidèrent alors d’engager une nouvelle étape de lutte POUR faire vivre les valeurs de résistance d’hier et pour le monde d’aujourd’hui.
Ainsi fût crée la même année, l’association culturelle et laïque Abraham Mazel, par un collectif composé de femmes et d’hommes venant d’horizons géographiques et professionnels très variés.

En 1995, l’association fait l’acquisition de la maison historique du chef camisard, avec 7 has d’espaces naturels.
Opération rendue possible financièrement par l’acquisition symbolique des pierres de la maison. « 100 jours pour 8.000 pierres » sera le slogan mobilisant les énergies qui connaîtra un vif succès de participation.
Des compléments de financement du Conseil général du Gard et du Ministère du Tourisme permettront de réaliser la transaction.
Les responsables de l’association feront appel à des conseils techniques pour préparer les travaux de réhabilitation et d’agrandissement de la bâtisse (alors en très mauvais état).
Les chantiers se dérouleront avec un adhérent maçon, et une solide équipe de bénévoles.
Les financements des matériaux proviendront de dons réguliers des adhérents.

Outre la remise en état des toitures, les premiers aménagements importants sont la création d’un logement pour le gardien, et d’un amphithéâtre naturel pour accueillir les participant(e)s à nos rencontres culturelles estivales.
Un architecte adhérent, M. Jean-Louis Roux, ancien professeur des écoles de Marseille et Montpellier, étudiera et supervisera les travaux d’aménagement d’une grande salle de réunion, avec office (50 personnes).
Par un recours à un financement participatif ULULE et avec l’appui d’un mécène suisse, nous disposerons enfin d’un vaste local pour nos réunions publiques et associatives (et prêts pour usages privés), ainsi que d’un chemin d’accès routier élargi, avec parking.

3

Nos diverses activités de rencontres, d’animation culturelle et d’éducation populaire se déroulent principalement à Falguières, St Jean du Gard (salle de cinéma Stevenson) et Alès.
Elles connaissent depuis 20 ans un impact et une notoriété grandissants.
A ce jour, l’association compte plus de 120 adhérents, un millier de sympathisants en France et plusieurs pays d’Europe (Belgique, Suisse, Allemagne). Elle réalise et diffuse régulièrement son bulletin « Le Poivrier de Falguieres », anime son site internet (www.abrahammazel.eu) et une page facebook.
Depuis sa création, elle n’accepte aucun endettement pour pouvoir garder sa totale liberté d’expression, d’initiative et de fonctionnement.

Le projet associatif initial pourra prendre sa pleine dimension, avec l’arrivée prochaine de nouveaux utilisateurs et intervenants ( étudiants, chercheurs, artistes, écrivains ).
Dans ce but, l’association a fait appel à un architecte, M. Fréderic Déaux, pour conduire les études techniques et chiffrer les coûts des aménagements nécessaires.

Nous souhaitons mettre en place:

Une bibliothèque/médiathèque, spécialisée dans le domaine des résistances, dotée d’un millier d’ouvrages,  équipée de matériels informatiques permettant les échanges avec des Universités et Centres d’études (le cahier de charges a été réalisé avec le concours de professionnels),  ouverte aussi aux habitants des vallées cévenoles, enseignants et scolaires.

Un studio de travail permettant l’accueil des étudiants (histoire, sociologie, philosophie,..) écrivains et artistes en résidence;

Une salle voûtée pour la pratique d’activités artistiques (musique, théâtre, poésie..),
et l’accueil temporaire d’expositions (tableaux, photos).

Pour assurer le financement de ces opérations, nous ferons appel aux concours de la Fondation du Patrimoine et des institutionnels: GAL Cévennes, Conseil Régional, Conseil départemental, Grand Alès.

Ultérieurement, nous procéderons à la revitalisation de nos espaces naturels, en mettant progressivement en place « La Forêt des Pays du Refuge ».

Saint Jean du Gard, le 21/11/2020

Télécharger le portfolio Mazel